Nasser Al-Khelaïfi, discret, puissant, multicartes

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Le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG et de BeIN Media. AFP

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Issu d'une famille de pêcheurs de perles, le Qatari Nasser Al-Khelaïfi incarne depuis 2011 un PSG haut de gamme, tourné vers l'international. Cet ancien tennisman de 43 ans, discret pour ne pas dire secret, est aussi à la tête la société BeIN Media, ce qui lui vaut des démêlés avec la justice suisse.

Les bureaux parisiens de la chaîne de télévision 'BeIN Sports' ont été perquisitionnés jeudi dans le cadre d'une enquête suisse portant sur l'attribution de droits média pour les Coupes du monde de football et qui vise Al-Khelaïfi, en tant que PDG de 'BeIN media', et Jérôme Valcke, ancien secrétaire général de la Fifa.

Voilà le genre d'affaire dont se serait bien passé 'NAK', qui ne s'épanche pas dans les médias, toujours souriant en public, dans d'impeccables costumes en Europe ou dishdashas au Moyen-Orient. 

Les rares fois où il se présente sous les flashs des photographes, c'est pour serrer la main des grands joueurs - comme Neymar acheté cet été pour 222 millions d'euros - recrutés au PSG, dont il est le patron depuis 2011, date du rachat du club par le fonds souverain du Qatar. 

Lisse devant les caméras, l'homme est décrit comme inflexible en affaires. Seul point faible entendu dans l'entourage du PSG, il donnerait "trop de pouvoirs à certains joueurs". 

Pour le reste, il sait trancher. Le dirigeant a ainsi débarqué sans ménagement à l'été 2016 son entraîneur Laurent Blanc pour le remplacer par Unai Emery, dans la foulée d'un cuisant revers face à Manchester City en Ligue des champions, un club détenu par un membre de la famille royale d'Abou Dhabi. 

Attentif au 'Qatar bashing'

Quand son club a été ensuite humilié en Ligue des champions la saison dernière par Barcelone (le fameux 6-1), il n'a pas touché à Emery mais fait exploser les records en matière de transfert avec Neymar, joueur le plus cher de l'histoire, et Mbappé, venu lui pour un montage financier à 180 millions d'euros. 

Ce qui lui vaut une enquête ouverte par l'UEFA au terme du fair-play financier: un club ne peut dépenser plus qu'il ne gagne, qu'il soit adossé ou pas à un actionnaire/mécène richissime. La sanction peut aller jusqu'à l'exclusion de la Ligue des champions, que rêve de gagner le Qatar avec le PSG. 

"NAK", homme de caractère, est aussi passé outre les recommandations des autorités françaises pour faire revenir dans son stade une frange de supporters ultras, bannis depuis 2010.

Très sensible à l'image de son pays, il est attentif à ne pas laisser prise au 'Qatar bashing' et n'hésite pas dans ce cas à monter au filet en externe. 

Il avait notamment demandé à la Ligue française de football professionnel (LFP) de sévir contre des supporters bastiais accusant, en janvier 2015 et dans le contexte post-attentats de 'Charlie Hebdo', son pays de financer le terrorisme. 

Pour en revenir au foot, "il a une très grande ambition pour le PSG, qui dépasse les frontières, mais a aussi le souhait que les bonnes décisions soient prises pour le développement du football français. Plus le Championnat sera fort et plus le PSG pourra asseoir ses ambitions", observait récemment auprès de l'AFP Philippe Diallo, directeur général de l'UCPF, le syndicat des "petits et moyens" clubs professionnels français. Ce fin connaisseur des arcanes du football hexagonal précisait que le Qatari est "très apprécié de ses collègues".

Ami de l'Emir

Le foot est un enjeu majeur pour son pays. "Le sport représente énormément d'argent, des milliards de retombées secondaires" et permet de "placer le Qatar sur la carte", détaillait il y a peu pour l'AFP Mehdi Lazar, docteur de l'Université parisienne Panthéon-Sorbonne, et spécialiste du petit émirat gazier.

'NAK' a des casquettes multiples. Celui que tout le monde en France nomme simplement 'Nasser' est donc aussi président-directeur général de 'BeIN Media group' (qui a racheté les studios Miramax, producteurs des films de Quentin Tarantino comme 'Pulp Fiction').

"C'est quelque chose de typique au Qatar, les très bons managers qataris ont tendance à avoir beaucoup de gros dossiers à gérer", dévoile une source à l'AFP. "Quand ils sont +successful+ (avec des succès, en anglais) dans un domaine, dans une entreprise, ils ont d'autres dossiers qui leur sont confiés".

Il préside également la Fédération qatarie de tennis et assiste souvent aux tournois à Doha. Les courts de tennis (il a été classé à la 995e place à l'ATP en 2002) lui ont d'ailleurs permis de nouer une relation amicale avec l'Emir du Qatar, nourrie par une passion commune pour ce sport et le football. "Ils continuent à passer énormément de temps ensemble", confie une source à l'AFP.

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