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Vardy, le "working class hero" de Leicester

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Vardy, le working class hero de Leicester. afp

Vardy, le "working class hero" de Leicester

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Depuis son 100e but en Premier League inscrit samedi dernier contre Crystal Palace, Jamie Vardy appartient à l'aristocratie des attaquants du championnat anglais. Mais, à 33 ans, il reste ce joueur d'origine modeste, forgé dans les divisions inférieures et passé pro sur le tard.

"Je me donnerai toujours à 100% et je n'arrêterai jamais de courir", avait-il promis à son arrivée en 2012 à Leicester.

Dimanche, contre Bournemouth (19e), pour la 35e journée, Vardy sera encore là pour presser, faire des appels, et peut-être marquer pour essayer d'envoyer Leicester (4e) en Ligue des Champions.

A un âge où certain commencent à envisager la retraite, il pourrait aussi gagner son premier titre de meilleur buteur de la saison, avec ses 22 réalisations en 34 journées devant Pierre-Emerick Aubameyang d'Arsenal (20), Mohamed Salah de Liverpool et Danny Ings de Southampton (19 chacun).

Avec les Foxes, Vardy a trouvé le club d'une vie. Une équipe vouée à jouer les trouble-fêtes qui s'invite sans façons à la table des grands, comme lui.

Leicester était en Championship (D2) quand ils sont allés le chercher à Fleetwood Town, déboursant 1 millions de livres (1,1 M EUR), du jamais vu pour un joueur de 5e division anglaise.

Trois ans plus tôt, Vardy jouait deux crans plus bas, à Stocksbridge Park Steels, un nom qui fleure bon le bassin minier du sud du Yorkshire dont il est originaire.

Bracelet électronique

Recalé à 16 ans du centre de formation de Sheffield Wednesday, son club de cœur, il partageait son temps entre les terrains et ses journées de 12 heures dans une usine de prothèses.

Sans être un mauvais garçon, Vardy a sa part d'histoires louches, comme cette bagarre à la sortie d'un bar en 2007 qui l'a contraint à jouer 6 mois avec un bracelet électronique et seulement 60 minutes lors des matches à l'extérieur, pour respecter son contrôle judiciaire.

Et s'il a aujourd'hui une hygiène de vie irréprochable - il a une chambre de cryothérapie dans sa maison pour la récupération -, il a mis du temps à renoncer à certains vices.

Dans son autobiographie publiée en 2016, il avait raconté comment, peu après son arrivée à Leicester, le médecin du club, surpris qu'une blessure tarde à guérir, avait découvert qu'il consommait très régulièrement de la vodka dans laquelle il faisait fondre de petits bonbons acidulés.

Sur le terrain, en revanche, il s'est vite montré à la hauteur avec la remontée en Premier League de Leicester en 2014, puis l'incroyable titre de 2016, sous les ordres de Claudio Ranieri, au nez et à la barbe de Manchester City et de Liverpool.

Cette année-là, il était passé à un but du "Soulier d'Or" de meilleur buteur anglais à cause d'un pénalty raté contre Everton à la 37e journée.

Fidèle aux Foxes

"Si je l'avais marqué, j'aurais été comeilleur buteur, mais je l'ai envoyé dans les tribunes. Je n'y ai jamais repensé", a-t-il assuré dans un entretien à 'The Athletic'.

Si Vardy court beaucoup, ce n'est ni après les honneurs, ni après l'argent.

A l'été 2016, il avait refusé le pont d'or d'Arsenal, prêt à payer 20 M GBP (22 M EUR) de clause libératoire, quand ses anciens équipiers Riyad Mahrez, N'Golo Kanté ou Danny Drinkwater partaient monnayer leurs talents avec plus ou moins de bonheur à City ou Chelsea.

Vardy "est la preuve qu'on peut décider de rester et continuer à progresser", a résumé son entraîneur Brendan Rodgers quand il a franchi la barre des 100 buts.

Il ne lui aura fallu que 6 saisons et 206 matches pour s'inviter dans le club des 28 "centenaires", avec une prédilection pour la chasse au gros.

Sur ses 102 buts en championnat, 34 ont été inscrits contre le "Big 6", ses victimes préférées étant Liverpool (7) et Arsenal (10), contre qui il a encore égalisé, mardi (1-1).

En 2018, alors qu'il avait déjà 31 ans, Leicester n'a pas hésité à lui offrir 4 ans de contrat, jusqu'en 2022. Il aura alors 35 ans.

"Je n'ai aucun doute qu'il jouera encore après cela", a prédit son coéquipier Jonny Evans.

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