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Caïazzo réclame "un front du refus derrière Noël Le Graët"

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Pin Bernard Caiazzo, Jean-Claude Blanc et Roland Romeyer. AFP
Bernard Caiazzo, Jean-Claude Blanc et Roland Romeyer. AFP

Caïazzo réclame "un front du refus derrière Noël Le Graët"

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Le dirigeant de Saint-Étienne veut que les clubs français se rangent derrière le président de la FFF, contre le projet de réforme des Coupes d'Europe.

Bernard Caïazzo, le président du conseil de surveillance de l'AS Saint-Étienne, a choisi son camp : il est contre le projet de réforme de la Ligue des champions et de l'Europa Ligue, présenté par l'UEFA et l'ECA (l'Association des clubs européens) fin mars 2019 ! Et il le fait savoir, dans une interview accordée lundi 15 avril à News Tank Football, agence de veille stratégique pour les dirigeants du foot.

Pour rappel, le projet de réforme de la Ligue des champions, qui entrerait en vigueur avec la saison 2024-2025, inscrirait dans le marbre le fait que 24 des 32 clubs participants seraient assurés de prendre part à l'édition suivante, sans avoir besoin de se qualifier via leur championnat national. Répartis en quatre groupes de huit équipes (contre huit groupes de quatre équipes aujourd'hui), les participants seraient assurés de disputer au minimum 14 matches de C1 par saison, contre six à l'heure actuelle. Un format -proposé par les comités exécutifs de l'ECA -présidée par Andrea Agnelli, le propriétaire de la Juventus- et de l'UEFA, qui favoriserait bien évidemment les plus grands clubs du Vieux Continent et leur assurerait une part du gateau encore plus importante qu'aujourd'hui.

Avec la réforme, les droits TV de la Ligue 1 pourraient baisser de 50 % selon Caïazzo

 

Ce schéma "fait courir un risque de dévalorisation sportive et économique des compétitions nationales", selon le dirigeant des Verts. "À l’horizon 2024, avec l’organisation d’un Championnat d’Europe des clubs dans une Ligue semi-fermée, combinée à un calendrier démentiel qui obligerait les grands clubs à lâcher les compétitions nationales, le risque de voir les droits TV domestiques baisser de 30, 40 voire 50 % serait réel", explique Bernard Caïazzo, également président du syndicat Première Ligue, qui regroupe la majorité des clubs de Ligue 1 (tous à l'exception de Guingamp, Strasbourg, Dijon et Amiens).

Sans parler des droits TV internationaux, que la Ligue 1 cherche désespérément à développer : "Les Chinois préfèreront concentrer leur attention sur une Ligue des champions remodelée plutôt que sur LaLiga, la Premier League ou plus encore sur la Ligue 1. Ce rapide panorama montre l’urgence d’un front du refus partout en Europe", selon Caïazzo.

Face à la menace qui pèse sur le football français de clubs, Noël Le Graët, le président de la Fédération française de football, aurait sollicité une entrevue avec Andrea Agnelli et Alexander Ceferin, le président de l'UEFA, selon L'Équipe du 9 avril. "Tuer les Championnats nationaux n'a aucun sens. C'est enlever de la saveur à toute une population (...)  Tout ça me paraît tellement gros que j'ai du mal à me dire que ce dossier va être présenté en l'état. Les grands clubs veulent toujours plus d'argent, c'est leur logique depuis un bon bout de temps. Mais là, on sacrifie les footballs nationaux, qui sont la base de tout", expliquait ainsi l'ancien président de Guingamp, dans les colonnes du quotidien le 12 avril.

Une vision partagée par Jean-Pierre Caillot, le président du Stade de Reims, dans une interview exclusive à GOAL le 13 avril. Bernard Caïazzo abonde dans le même sens : "En France, 90 % des clubs sont opposés au projet. Quand la patrie du football est en danger, nous devons tous réagir et nous ranger derrière Noël Le Graët, président de la FFF, seul vrai patron légitime de notre football, qui a employé des paroles très fortes pour dénoncer avec juste raison ce projet."

Bernard Caïazzo veut rallier le PSG et l'OL derrière Le Graët

Quels sont alors les clubs français favorables à ce projet de réforme des Coupes d'Europe ? Si Jacques-Henri Eyraud, le président de l'Olympique de Marseille, s'est dit ouvert à l'idée (L'Équipe, mardi 9 avril), Jean-Michel Aulas et l'Olympique Lyonnais n'ont pas encore pris position. Quant au Paris Saint-Germain, son secrétaire général Victoriano Melero s’y est lui montré très favorable.

Afin de tenter de rassembler les clubs français autour d'une position commune, la Ligue de football professionnel a convoqué une assemblée générale exceptionnelle, pour début mai. Le président de Première Ligue, qui siège au bureau et au conseil d'administration de la LFP, estime néanmoins possible de rallier le PSG et l'OL à sa cause.

"Nous n’en n’avons pas encore discuté avec Nasser (Al-Khelaïfi, président du PSG)", confie Bernard Caïazzo. "Le football français a toujours soutenu le Paris Saint-Germain, que ce soit sur la question du fair-play financier, sur les aménagements de calendrier ou sur bien d’autres sujets (...) Nasser est un homme de grande valeur. Je ne peux pas imaginer une seule seconde qu’il veuille nuire à la santé économique de nos clubs. Je ne peux pas croire que la gouvernance du Qatar change tout à coup de philosophie, qui conduirait à des dommages irréversibles pour le football français. Et, surtout, comment supposer que le Paris Saint-Germain va s’engager dans le sillage de clubs qui lui mettent des bâtons dans les roues ? Je crains, d’ailleurs, qu’ils ne cherchent à se servir du PSG, aujourd’hui, avec cette réforme, tout en poursuivant contre lui leur travail de sape dans la coulisse. Nasser, qui est entré au comité exécutif de l’UEFA (en tant que réprésentant de l'ECA), est tout sauf naïf…"

Le président du conseil de surveillance de l'AS Saint-Étienne en appelle même à son meilleur ennemi, Jean-Michel Aulas : "Il est un homme intelligent. Membre du comité exécutif de la FFF, il ne peut se désolidariser de Noël Le Graët. En 2024, il aura 75 ans et qui sait s’il sera toujours le président de l’Olympique Lyonnais ? Il ferait un excellent président de la Fédération, capable d’apporter énormément à notre football…"

Selon le dirigeant stéphanois, Noël Le Graët est donc l'homme idoine pour mener la fronde du football français contre l'UEFA et l'ECA. "Le mot d’ordre, aujourd’hui, est de soutenir le président de la FFF, qui a toute l’autorité, l’expérience et la sagesse nécessaires pour être le leader d’un vaste mouvement. S’il parvient à empêcher la mise en œuvre de cette réforme scélérate, ce sera comme s’il nous avait permis de gagner une troisième Coupe du monde !", clame Bernard Caïazzo en conclusion de son interview accordée à News Tank Football.

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