noscript image
GooglePlay Logo AppStore Logo

En Crimée, le football coupé en deux depuis l'annexion

BeSoccer par BeSoccer @besoccer_com - 0 823

Pin Une situation compliquée en Crimée. AFP
Une situation compliquée en Crimée. AFP

En Crimée, le football coupé en deux depuis l'annexion

BeSoccer par BeSoccer @besoccer_com - 0 823

Un nom similaire, une histoire commune mais deux clubs: l'un basé en Ukraine continentale, l'autre en Crimée. Les deux Tavria Simféropol symbolisent les problèmes du football de la péninsule, plongée dans les limbes depuis son annexion par la Russie.

En décembre 2014, neuf mois après le rattachement de la Crimée à la Russie à l'issue d'un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux, l'UEFA tranchait: la région serait désormais considérée comme une "zone spéciale" et les clubs locaux, interdits jusqu'à nouvel ordre de participer aux compétitions russes.

Les autorités locales ont alors créé leur propre championnat de Crimée, réduit à huit équipes dont les deux clubs qui évoluaient jusqu'alors en première division ukrainienne: le FK Sébastopol et le Tavria Simféropol.

Ce dernier n'est pas un club anodin: en 1992, il devenait le premier champion d'Ukraine de l'histoire, moins d'un an après l'indépendance du pays causée par la chute de l'URSS.

Mais dans le stade Lokomotiv de Simféropol, ils ne sont que 250 personnes à peine dans des tribunes pouvant en accueillir 20.000 pour le match au sommet du nouveau championnat entre le Tavria (rebaptisé TSK-Tavria Simféropol) et le FK Sébastopol.

Quelques dizaines d'ultras, très jeunes, se chargent de l'animation. A leur côté, Guennadi Malakhov, dit 'Crocodile', fait figure d'ancien avec ses 42 ans. Mais si ce fan du Tavria continue de venir au stade, c'est plus pour préserver la mémoire du club que par réel intérêt.

Depuis l'annexion, "plus personne ne s'intéresse à nous. On fait juste le tour de la Crimée", déplore cet ouvrier des chemins de fer qui regrette l'époque dorée des années 1990 et 2000, le stade plein et les déplacements à travers l'Ukraine et les matches de Coupe d'Europe face au Borussia Dortmund ou au Stade Rennais.

L'annexion "n'a pas seulement eu un impact négatif sur notre club, elle l'a détruit, brisé et enterré. Aujourd'hui ce club n'existe presque plus. Regardez, tous ceux qui courent, là, avec leurs tee-shirts bleus, c'est juste pour la galerie. Mais c'est tout ce qu'on a", résume-t-il.

 Deux fédérations

Un autre Tavria Simféropol existe. Créé par d'anciens dirigeants et supporters du club restés fidèles à l'Ukraine, il est basé à Berislav, bourgade de 13.000 habitants située du côté ukrainien de la frontière. Comme l'équipe de Crimée, il joue en bleu et blanc mais a gardé l'usage du précédent logo du club, ainsi que son nom officiel.

Toujours professionnel, le Tavria Simféropol évolue cette saison dans le ventre mou de la troisième division ukrainienne. "Le Tavria, c'était le premier champion d'Ukraine et ça faisait très mal de voir le club disparaître", explique par téléphone à l''AFP' le directeur général du club, Oleksiï Kroutcher.

Il assure qu'en dépit de l'éloignement, le club reste très lié à sa terre d'origine. "Aujourd’hui, nous avons une dizaine de joueurs qui se sont entraînées ou ont joué dans des équipes de jeunes en Crimée. Et notre entraîneur (Serguiï Chevchenko) était dans le staff technique du TSK-Tavria".

Selon lui, une cinquantaine de supporters vivant en Crimée suivent le club à chaque match. "Ils soutiennent l'équipe mais ils ne veulent pas être photographiés. Ils risqueraient d'être détenus en passant la frontière avec la Crimée", explique-t-il, ajoutant que des supporters ayant quitté la Crimée immédiatement après l'annexion soutiennent aussi le club.

Une réconciliation des deux Tavria semble aujourd'hui impossible. En septembre 2016, l'Ukraine a créé une nouvelle fédération spéciale pour aider les clubs de Crimée en exil à se développer. Dans la péninsule, les nouveaux dirigeants du TSK-Tavria ne veulent pas entendre parler d'une réunification, ni même de l'autre Tavria.

"Si la communauté internationale dans son ensemble, et la communauté du football, reconnaissaient que la Crimée appartient à la Russie, nous y gagnerions tous", assène Sergueï Borodkine, le président du TSK-Tavria.

Les sportifs, eux, ont d'autres priorités. "L'une de nos préoccupations principales, c'est de savoir comment va évoluer (...) la relation avec l'UEFA. On est dans l'incertitude et c'est assez stressant", explique Andreï Dobrianski, l'entraîneur du TSK-Tavria.

BeSoccer

BeSoccer

infos 77K RANK 1
vues 569M RANK 1
Plus de cet auteur

Follow BeSoccer on Facebook