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Mathieu Bodmer : "Continuons à aider les autres"

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Mathieu Bodmer a lancé une cagnotte. GOAL

Mathieu Bodmer : "Continuons à aider les autres"

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Mathieu Bodmer, le milieu de terrrain d'Amiens, a lancé la cagnotte "Unis pour Évreux" pour aider les soignants et les habitants de sa ville natale.

De nombreux sportifs se mobilisent durant cette période de crise sanitaire et économique. C'est le cas de Mathieu Bodmer (37 ans). Le milieu de terrain d'Amiens est à l'origine d'une collecte de fonds pour venir en aide aux associations et au personnel soignant d'Evreux, sa ville natale. Un acte solidaire soutenu par plusieurs personnalités de la région comme le Champion du monde Ousmane Dembélé, Dayot Upamecano, les frères Mandanda, le journaliste Alexandre Ruiz ou encore la basketteuse Emilie Gomis.

Pourquoi avoir lancé cette collecte de fonds et quelles ont été vos motivations ?

Mathieu Bodmer : J'ai vu qu'il y avait un réel besoin dans ma ville, au niveau des associations ou du milieu hospitalier. Ils pouvaient être en difficulté face à cette crise. Après avoir échangé avec les personnes sur le terrain, je me suis rendu compte que les gens étaient vraiment dans le besoin. Avec le confinement, par exemple, les assos n'avaient plus les surplus alimentaires qu'il pouvait y avoir dans les grandes surfaces.

Cela a été immédiat, presque naturel pour vous ?

On ne s'est peut-être pas tous rendus compte de l'ampleur de cette crise au départ. Au début du confinement, on a commencé à se poser des questions. Et la chance qu'on a entre sportifs, c'est qu'on est nombreux. Tout le monde a répondu présent. En moins de 24 à 36 heures, tout le monde avait donné son accord. On a commencé à parler de ce que chacun allait mettre, de combien on allait donner dans la cagnotte qu'on a créée entre sportifs. Tout s'est fait super rapidement. En à peine 4-5 jours, on avait déjà des dons. Et en huit jours, les associations avaient déjà des versements.

Vous avez donc senti un élan solidaire de tous dès le départ ?

Franchement, oui. Et ça fait plaisir, parce qu'on est souvents décriés. Les joueurs de foot peut-être même davantage. Là, on a réussi à rassembler tous les sports. Le football, le volley, le basket... Il y a de tout. Tout le monde a été généreux selon ses revenus, que ce soit en lots, en argent, en temps ou en image. 

"Avec 10 euros, on peut nourrir une famille" Aujourd'hui, où en est cette collecte ?

Il y a deux cagnottes. D'abord une collecte où, nous les sportifs, on a versé directement de l'argent à l'AJM (Association des jeunes de la Madeleine, quartier de la ville d'Evreux, NDLR). On a pris contact avec les différentes assos et le personnel médical à qui on a déjà fait des virements. Pour cette collecte, on en est à peu près à 105 000 euros récoltés et déjà versés sur les comptes. Il reste trois ou quatre virements qui vont faire grimper encore un petit peu la cagnotte parce que c'est parfois plus compliqué pour les joueurs à l'étranger. Et sur la cagnotte Leetchi (le lien), on approche des 20 000 euros.

C'est un bon temps de passage, mais il ne faut pas s'arrêter là. C'est votre message ?

C'est déjà top. En une semaine, on a récolté quasiment 55 000 euros. C'est énorme, quand on voit les assos à qui on a fait les premiers virements. Je pense à "Manches retroussées" par exemple, que j'aime beaucoup. On a fait un premier versement de 3 000 euros. Avec ça, ils vont pouvoir nourrir 400 personnes au mois d'avril et au mois de mai. Pour nous, ça n'a pas de prix, sachant qu'on appelle régulièrement les autres assos et qu'on va le faire chaque semaine. Ça a un vrai impact. Avec 55 000 euros, on va pouvoir aider beaucoup de gens. Il reste encore deux semaines pour la cagnotte, on espère encore monter.

Des lots assez incroyables seront à gagner lors d'un tirage au sort, comme le maillot de Lionel Messi ou celui d'Eden Hazard. Ça a été compliqué de récupérer tout ça ?

Je vais être très honnête. Je dois avoir de très bons amis, très généreux, parce que ça n'a pas été difficile. Avec les connaissances de chacun, c'est allé très vite. En plus de ça, dans la cagnotte Leetchi, j'ai vu des noms de joueurs passer, donner de l'argent. Ils n'étaient pas dans le projet au démarrage, mais quand j'ai transféré le lien c'étaient les premiers à le relayer. Ça m'a touché. Et pour les maillots et autres lots, aujourd'hui, on est presque victime de notre succès. On a quasiment 100 lots pour une cagnotte qui a 400 ou 500 participants. J'ai envie de dire que pratiquement tout le monde va gagner. Pour 10 ou 20 euros, certains vont peut-être réaliser leur rêve en gagnant le maillot de Messi, Hazard, Neymar, Ribéry, Mamadou Sakho, Tony Parker et j'en passe. Mais il ne faut pas oublier que derrière ça, ils font aussi une bonne action.

Vous trouvez que les sportifs se mobilisent suffisamment aujourd'hui ?

Je ne sais pas si on en fait assez. Peut-être a-t-on les moyens de faire plus. Mais ce que je vois, c'est qu'ils le font. J'ai vu des clubs donner, des joueurs, et aussi des sportifs dans d'autres disciplines. Sur les réseaux, j'ai vu des basketteurs, des handballeurs... C'est bien. On est souvent décriés, parce que nos revenus sont aisés, indécents même parfois, mais il ne faut pas oublier que la plupart des sportifs sont plus que généreux.

"Si on doit faire un effort pour aider, c'est le minimum" On demande beaucoup d'efforts aux footballeurs, que ce ce soit sur les donations, les salaires ou la réduction éventuelle des vacances l'été prochain. Vous le comprenez ?

Ça ne me dérange pas, parce qu'on a la chance d'être payé pour faire notre passion. La baisse de salaires, on le fait pour notre club. Et il faut savoir qu'il n'y a pas que nous. Il y a aussi tous les employés derrière. Dans d'autres structures, le chômage partiel a un impact encore plus important. L'effort qu'on doit faire sur les salaires n'est pas surhumain. Pareil pour les vacances. Quand des joueurs jouent l'Euro ou la Coupe du monde, ils n'ont pas beaucoup de congés. Nous, on est payés pour jouer au foot. Et en ce moment, on est payés pour ne pas faire grand chose. On s'entretient, mais on ne peut pas jouer ni s'entraîner et on a quand même un salaire qui tombe. On n'est pas à plaindre.

Seriez-vous prêt à baisser encore votre salaire si Amiens vous le demandait et quelle est la position du club à ce sujet ?

Pour l'instant, hormis le chômage partiel, on n'a pas reçu de nouveau courrier. On attend les échanges entre l'UNFP et les clubs. Mais moi, ça ne me dérange pas. Je peux comprendre. J'ai été président de club amateur, je sais que quand on a moins de subventions et qu'il faut mettre au bout, ça pique. Le club est une entreprise. Quand il n'y a pas les droits TV qui tombent, c'est de l'argent qui ne rentre pas. Et il faut être hônnete, à Amiens on a la chance d'être toujours payé en temps et en heure. Il n'y a pas de soucis de paiements, pas de retard. On a toujours été plus que bien traité, donc à un moment donné si on doit faire un effort pour les aider, c'est le minimum.

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