Le chômage, la plus grande angoisse du footballeur ?

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Six mois après le début de la saison, certains joueurs n’ont toujours pas trouvé de club. Le mercato hivernal est censé arranger leur situation …

Le traditionnel marché des transferts de mi-saison a ouvert ses portes depuis 12 jours et certains joueurs auront plus que d’autres les yeux rivés sur leur téléphone portable. Depuis plusieurs mois, ils sont sans contrat et portent l’étiquette de "chômeur". Un paradoxe dans le football moderne où les transferts mirobolants et les salaires pharaoniques se multiplient. Pourtant c’est bien une réalité du ballon rond actuel. Certains restent à quai. Après avoir terminé leurs aventures dans des clubs de Ligue 1 et Ligue 2, ils laissent passer les vacances avant de se replonger à l’entraînement, histoire de patienter avant que des dirigeants les contactent pour rebondir.

Sagna, Aliadière, Flamini...

Pourtant le constat est là. Six mois après, la liste des joueurs sans équipe est longue et non-exhaustive. Ainsi, Alou Diarra, Nicolas Maurice-Belay, Frédéric Bulot, Mathieu Flamini, Bacary Sagna, Jérémie Aliadière, Alexis Thébaux, David N’Gog, Florian Marange ou encore Kevin Gomis prennent leur mal en patience. Dedans on retrouve des anciens internationaux, des champions de France ou encore des vainqueurs de la Premier League. Des profils expérimentés qui pourraient correspondre à une multitude de clubs, notamment ceux en difficulté du point de vue du maintien.

En septembre dernier, Alou Diarra évoquait dans les colonnes de 'L’Équipe' sa motivation intacte et le fait qu'il n'envisageait pas de raccrocher les crampons. "À un moment , il faut savoir dire stop et passer à autre chose. Mais le jour où je me réveillerai et que ce sera compliqué n’est pas encore venu. Je ne suis pas décidé à arrêter. Ce serait trahir mon métier. Ce n’est même plus une question d’âge. Je reste un joueur actif et je me tiens prêt." À en croire l’ancien Bordelais et Marseillais, l’adrénaline du terrain tient donc en éveil.

Pour Jean-Alain Fanchonne, qui a connu une année complète sans jouer, la chômage est loin d'être une fatalité. Tout est une question de mentalité et d'état d'esprit. "Penser à une reconversion c’est évident à mon âge (29 ans) car ça va vite derrière mais arrêter, c’était hors de question, c’est comme un vide dans ta vie", explique-t-il pour 'Goal'. Après avoir quitté Brest en juin 2016, le défenseur a dû attendre un coup de fil de Strasbourg pour s'entraîner avec la réserve, avant de rebondir à Vauban en CFA2. Le plus difficile, comme il le raconte, ce sont les coups de fils multipliés par les agents pour le convaincre que sa situation allait se décanter : "Dans cette période là j’ai beaucoup d’agents qui voulaient me placer dans différents clubs mais aucune piste concrète, ils me vendaient du rêve car j'étais prêt à accepter n'importe quoi. Le minimum c’est de m’appeler et de me dire 'ils ne te veulent pas', point final."

"Quand vous êtes joueur, vous ne valorisez pas l'argent"

Un des aspects les plus importants dans ce changement est bien évidemment l'aspect financier. Du jour au lendemain, les salaires à quatre ou cinq zéros peuvent s’interrompre ce qui modifie sensiblement le train de vie. Retraité prématuré à 27 ans, Alvaro Dominguez (ex Mochengladbach et Atlético Madrid) a expliqué à une association de footballeurs espagnols comment il percevait désormais l’argent au quotidien. "Quand vous êtes joueur, vous ne valorisez pas l'argent. Les voitures sont plus chères et les montres plus grandes. Je suis le premier à l'avoir fait, je suis sorti une fois avec des amis et je me suis retrouvé avec une facture de 15 000 euros, c'est normal de penser que c’est stupide mais avant, nous ne sommes pas dans la réalité."

Comment revenir alors les pieds sur terre ? Plusieurs personnes dans l’entourage du joueur (famille, amis et agent) sont susceptibles d’aider à traverser cette période compliquée tout en motivant à s’entraîner chaque jour seul. Il existe aussi des institutions comme l’UNFP qui organise chaque année un stage d’été avec une liste de 20 à 25 joueurs pour les stimuler et organiser des matches amicaux. Selon les chiffres donnés par Pascal Bollini, responsable du stage, 60% des inscrits parviennent à décrocher un essai ou un nouveau contrat.

Jean-Alain Fanchonne, qui avait fait partie de l'équipe UNFP lors de l'été 2015 met en avant cette structure et n'hésite pas à la recommander aux autres joueurs qui pourraient vivre sa situation. "C’est vraiment énorme pour les gars dans mon cas car ça te permet d’être avec d’autres joueurs, de se montrer, de faire des matches pour que les clubs voient que tu as toujours faim. Ils prennent tout en main pour te soulager, là-bas personne n’est malhonnête. Tout le monde tire dans le même sens, ce n'est absolument pas la honte et je le conseille à chaque joueur." Après la période d’été, un suivi des joueurs est organisé pour établir certaines relations même si cela n’apporte pas toujours la consécration : retrouver l'ambiance d'un vestiaire, les séances vidéos, les mises au vert et surtout le parfum d'une rencontre le samedi soir.

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