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Le football colombien rattrapé par la tempête 'Me too'

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Pin Les joueuses de l'équipe féminine de football de Colombie lors dune séance d'entraînement. AFP
Les joueuses de l'équipe féminine de football de Colombie lors dune séance d'entraînement. AFP

Le football colombien rattrapé par la tempête 'Me too'

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Des arbitres à la sélection féminine en passant par les équipes jeunes, le football colombien est secoué ces dernières semaines par une vague de dénonciations de racket, d'agressions et de harcèlement sexuels. 

"Nous vivons un moment très important dans le football colombien, car la peur a changé de camp", résume le journaliste Alejandro Pino, qui dénonce ces scandales depuis longtemps. 

"Il y a une génération de joueurs, surtout chez les femmes, qui ont fait des études et qui ont conscience qu'ils peuvent réclamer qu'on respecte leurs droits", ajoute-t-il. 

C'est Carolina Rozo, kinésithérapeute de 38 ans, qui a brisé le silence régnant dans le football féminin.

Elle dit avoir vécu des "jours horribles" durant son expérience de six mois avec les moins de 17 ans, entre fin 2017 et mi-2018. L'équipe se préparait alors pour le Mondial de cette catégorie, prévu en décembre 2017 en Uruguay, et le championnat sud-américain organisé en mars 2018 en Argentine.

Compliments appuyés, insinuations : le sélectionneur Didier Luna était de plus en plus insistant. Il voulait entamer une relation, explique-t-elle.

En janvier 2018, "il me dit +Je veux juste que tu m'ouvres un peu ton coeur+ (...) Je lui ai répondu +Ca ne se fait pas, vous ne devez pas faire ça. Ce n'est pas ce que je recherche, respectez cela, s'il vous plaît+. Il se fâche très fort et me dit +Très bien, je ne te supplie plus, mais assume les conséquences+". 

Débutent alors le harcèlement professionnel et les intimidations téléphoniques. Carolina Rozo tombe en dépression. 

Elle assure avoir prévenu ses supérieurs, mais ce n'est que lorsque les médias commenceront à parler de son histoire que la Fédération colombienne (FCF) mettra un terme au contrat de Luna, limogé en novembre. 

Cette femme accuse également le sélectionneur de toucher les fesses des joueuses et d'essayer de les embrasser. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour harcèlement sexuel contre Luna qui nie ces faits.

La fille de Jhon Cano, dont le prénom ne peut pas être rendu public car mineur, selon la loi colombienne, faisait partie de cette équipe des moins de 17 ans. 

"Elle m'a raconté qu'un homme (...) était entré dans sa chambre et avait essayé d'abuser d'elle", a-t-il déclaré à l'antenne de W Radio.

Payer pour être sélectionné

L'homme en question est Sigifredo Alonso, préparateur physique de la sélection dirigée par Luna. Jhon Cano assure avoir mis la FCF au courant, mais "ils ne m'ont jamais rappelé".

L'agresseur présumé a également été congédié et la justice est en train d’examiner son cas. 

Deux joueuses de l'équipe première féminine de Colombie, Isabella Echeverri et Melissa Ortiz, ont aussi secoué le football colombien en dénonçant les agissements de Felipe Taborda, sélectionneur jusqu'en novembre 2016. 

Ce dernier les faisait payer pour les sélectionner ainsi que pour leur remettre leurs uniformes.  

En outre, 17 joueuses ont signé une déclaration dénonçant des abus professionnels, tels que la non prise en charge des dépenses médicales en cas de lésion ou des dépenses lors de déplacements et, plus généralement, une discrimination par rapport à l'équipe première masculine. Le gouvernement s'est saisi du dossier.

Profitant de l'écho provoqué par ces affaire dans le football féminin, deux anciens arbitres colombiens, Harold Perilla et Carlos Chavez, ont accusé leur ex-collègue Oscar Julian Ruiz, un des plus importants arbitres d'Amérique du Sud, d'agression sexuelle et de harcèlement. 

"Depuis 2007 jusqu'à ce que je prenne ma retraite, il m'a harcelé. Il a tenté de me toucher les testicules et les fesses, il faisait des insinuations (...) qu'il pouvait m'amener très loin parce qu'il avait beaucoup de pouvoir", a déclaré Harold Perilla, ancien arbitre international à W Radio, ajoutant avoir déposé plainte auprès du Parquet.

De son côté, Carlos Chavez a affirmé qu'Oscar Julian Ruiz l'avait tripoté à l'issue d'un match professionnel en 2008. "Je sortais de la douche et il m'a touché les fesses", a-t-il déclaré à la même radio.

Contacté par l'AFP, M. Ruiz, qui a officié durant les Coupe du monde 2002, 2006 et 2010 et est actuellement instructeur pour la Conmebol, la confédération sud-américaine de football, a répondu qu'il ne réagirait pas "à la demande de ses avocats".

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