Manchester City s'est régalé face à la Juventus

Nous nous étions installés pour regarder un match au sommet, intense et équilibré, mais nous nous sommes finalement levés en ayant assisté à une rencontre où la cause et l’effet n’étaient pas clairs : difficile de dire si la raclée infligée par Manchester City était due à un abandon complet de la Juventus ou à la crainte des Anglais de tomber dans la partie la plus difficile du tableau. Ce qui est sûr, c’est que l’équipe anglaise s’est imposée 1-5 sans avoir besoin d’accélérer, face à un adversaire qui n’a jamais vraiment existé.
Il a suffi à Guardiola d’aligner un onze compétitif. Tudor, de son côté, a préféré ménager ses joueurs en prévision d’un probable affrontement contre le Real Madrid (et contre le PSG ou le Bayern s’ils passent). Et tout s’est déroulé par simple inertie. Ce n’est pas que City ait écrasé la Juve, c’est plutôt que l’équipe italienne leur a littéralement ouvert la porte du frigo pour qu’ils se servent eux-mêmes. Et ils ont décidé de se régaler avec cinq buts.
Il est vrai que Tudor impose un gros engagement physique dans sa manière de jouer. Que la chaleur est intense aux États-Unis. Et que la Coupe du monde des clubs arrive à un moment compliqué du calendrier. Mais il ne s’agit pas seulement d’avoir perdu la première place, ce qui va obliger la Juve à affronter la partie la plus piégeuse du tableau, c’est surtout que l’image compétitive fut catastrophique. Même si l’équipe a inscrit deux buts : l’un après un cadeau d’Ederson, l’autre en toute fin de match, alors que City pensait déjà à la douche.
Guardiola, qui compte déjà onze victoires en onze matchs de Coupe du monde des clubs, ne voulait absolument pas raviver les vieux traumatismes contre le Real Madrid. Alors, même en laissant Haaland sur le banc, il a choisi un onze sérieux et sans surprise. Si Tudor a envoyé un message de vacances à ses joueurs, le Catalan, lui, a clairement affiché ses exigences.
Avec une possession oscillant entre 75 et 80 %, le début de match portait la marque de Guardiola : ballon qui circule d’un côté à l’autre, Aït-Nouri démontrant qu’il s’est parfaitement intégré à City. Il a parfaitement lu l’appel de Doku, qui a conclu avec une facilité déconcertante dans la soirée cauchemardesque de Kalulu. Le latéral est en train de devenir l’une des grandes révélations de cette Coupe du monde des clubs.
Ce qui s’est passé deux minutes plus tard n’était pas un signe d’équilibre, mais plutôt le reflet de cette soirée de buts rocambolesques. Ederson a joué court derrière… dans les pieds de Koopmeiners, qui n’a pas gaspillé ce cadeau. Ce n’était qu’un avant-goût de l’invraisemblable déconnexion de Kalulu, qui, sans personne autour de lui dans les six mètres, a voulu dégager en corner… avec le talon. Le but contre son camp restera l’image honteuse des 'Bianconeri'.
On exonère Di Gregorio, qui a tenté de sauver le navire juventino en train de couler, seul contre tous. Lui au moins a pris le match au sérieux. Guardiola aussi, qui a fait entrer Haaland dès la mi-temps pour sentir l’odeur du sang. Cela réussit toujours au Norvégien, qui a inscrit le 1-3, même s’il a failli le rater avec un double contact très maladroit.
Tudor a eu un peu d’orgueil en lançant un triple changement, qui a amené l’énergie et l’envie de Yildiz. Cela a permis de redonner un peu de relief à une attaque disparue. Entre autres, car Rúben Dias s’est occupé de Vlahovic comme d’un sandwich, le Serbe n’existant plus, même s’il a fini par marquer en fin de match, alors que City attendait tranquillement la douche.
Foden et Savinho ont parachevé le score, le Brésilien signant une frappe puissante de loin pour rompre la série de buts absurdes.
La Juve ne sera sûrement pas aussi passive en huitièmes, et il serait imprudent de la sous-estimer. Mais elle paiera cher d’avoir fini deuxième et d’affronter un tableau semé d’embûches. Peut-être que City jouera encore mieux. Car l’équipe commence à vraiment monter en puissance, à hausser son niveau. Même si, ce soir, elle n’a eu besoin d’aucun effort particulier pour rejoindre les éliminatoires avec une grosse victoire.