Adrien Rabiot taille patron
Si les partenaires de Kylian Mbappé n'ont pas sombré lors d'une première période apathique contre les 'Lions de la Teranga', à East Rutherford, dans la banlieue de New York mardi, ils le doivent beaucoup à leur charnière centrale Dayot Upamecano-William Saliba et au milieu de l'AC Milan, rares Bleus à avoir tenu leur rang tout au long de la partie.
Alors que Michael Olise et Ousmane Dembélé, censés servir le capitaine français, ont longtemps cherché leurs marques, Rabiot l'a très vite pourvu de bons ballons, sans que Mbappé, lymphatique lui aussi pour régler la mire, ne puisse les exploiter correctement.
Et quand en seconde période, à la grâce du repositionnement d'Olise dans l'axe, la pépite du Bayern et la superstar du Real se sont réveillées permettant à la France d'ouvrir le score et à Mbappé de rentrer dans l'histoire, le 'Duc' n'a pas baissé de rythme, servant, pour sa troisième passe décisive en bleu, Bradley Barcola pour le 2-0 (82ème).
Si donc le quatuor offensif Mbappé, Dembélé, Olise, Doué, envié de tous, cherche encore un équilibre pour exprimer sa pleine mesure, le milieu de terrain imaginé par Didier Deschamps a trouvé la bonne harmonie.
Dans ce double pivot, Aurélien Tchouaméni occupe un rôle de numéro 6 classique, responsable de la première relance quand Rabiot assure le lien avec ses attaquants... pour le meilleur et pour le pire.
"En première période, on a perdu beaucoup de ballons offensivement avec nos quatre joueurs devant. On a donc été exposés avec Aurélien et le reste de la défense", a-t-il déploré plein de franchise, mesurant le poids qui pèse sur ses épaules dans le système imaginé par Didier Deschamps pour faire cohabiter ses quatre fantastiques.
Rabiot, à la relation tumultueuse avec les Bleus, semble désormais prêt à assumer ses responsabilités. Deschamps, qui l'avait banni pendant deux ans après la Coupe du monde 2018, en a depuis fait un de ses cadres. Même quand le joueur, au caractère bien trempé, rencontrait des problèmes en club.
Il y a moins d'un an, alors que Rabiot quittait l'OM avec fracas, après une "love story" d'une saison, Deschamps l'avait conforté en bleu, affirmant tenir "à Adrien Rabiot par rapport à ce qu'il est, ce qu'il a fait avec nous".
Ce qu'il est, Rabiot le dit sans détour à chacune de ses prises de parole. Après la victoire face au Sénégal en zone mixte, invité à s'exprimer sur les conditions de jeu au Metlife Stadium où aura lieu la finale du Mondial le 19 juillet, le milieu 'rossonero' n'a pas fait de détail.
"La pelouse... je ne sais même pas si on peut appeler ça comme ça. Cela ressemble plus à un synthé assez dur, rigide. Mais c'est comme ça pour toutes les équipes, il faut s'adapter" a-t-il lâché avant d'espérer disposer "d'un meilleur terrain sur les autres rencontres". Adrien Rabiot dit ce qu'il pense, fait ce qu'il dit et prend également la défense de ses coéquipiers. A sa manière.
Lors des matches de préparation, Rayan Cherki a annoncé vouloir "écraser tout le monde" durant le Mondial, une punchline très commentée dans un milieu du football de plus en plus aseptisé.
"Je n’ai pas trouvé ça déplacé, je n’ai pas vraiment compris la polémique", a au contraire pensé Rabiot. "Je suis le premier à dire ou faire des choses qui vont parfois à l’encontre de ce qu'on peut penser. C’est un discours plutôt ambitieux, qui a peut-être été mal interprété. Je ne pense pas qu’il ait manqué d’humilité, pas du tout. Ce n’est pas le genre de Rayan. Mais c'est un joueur très ambitieux, qui a envie de bien faire. Il s'exprime de cette manière-là".
Ce que Rabiot aurait pu faire il y a quelques années, avant qu'il ne prenne sa taille patron.