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Quel est l'impact du football sur le corps humain ?

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Quel est impact du football sur le corps humain ? BeSoccer/ProFootballDB

Quel est l'impact du football sur le corps humain ?

Lisa Houdeville par Lisa Houdeville @hdv_lisa - 0 +27k

Avec le retour des grands championnats, l'heure est venue de faire attention à la préparation physique des joueurs après une longue période d'arrêt. Le laboratoire de données de ProFootballDB a élaboré une étude des blessures les plus fréquentes chez les joueurs, ainsi que des zones du corps qui nécessitent une grande attention afin d'éviter les problèmes pendant cette présaison express.

Le football fait souffrir le corps sportifs, ce n'est un secret pour personne. Peu sont les joueurs retraités qui n'ont pas de problèmes de genoux, de dos ou de hanches. L'effet qu'a ce sport sur ses joueurs est cruel et beaucoup en font les frais avec le temps qui passe. Les différentes douleurs et blessures dont souffrent les joueurs pendant leur vie vont bien plus loin que la fin de leur carrière.

Actuellement, le Covid-19 a envoyé le football au vestiaire ainsi que ses joueurs. Aujourd'hui, il est l'heure de revenir sur les terrains et affronter la réponse que pourrait donner le corps humain, un corps humain qui va faire face aux matches, aux entraînements, et à l'exigence de 90 minutes d'effort : impacts, accélérations, arrêts, sauts, chocs, chutes, torsions, flexions, coups

Les professionnels des grands championnats, à l'exception de la Ligue 1, vont affronter une situation inédite : celle de réaliser une présaison express en plein milieu de la saison actuelle. Les joueurs ont passé deux mois chez eux, en s'entraînant dans des espaces réduits sans avoir réellement la possibilité de s'entraîner avec un ballon, et ne réalisant que des exercices spécifiques et concrets, éloignés de la pratique réelle du football. 

Experts, traumatologues, psychologues et nutritionnistes ont prévenu des risques de blessures face au rythme que les joueurs devront reprendre, et face aux matches qu'ils vont certainement devoir enchaîner afin de terminer les saisons aux dates demandées par les fédérations et les gouvernements. Certains recommandent une préparation d'un minimum de quinze jours, alors que la RFEF (Fédération Espagnole) assure qu'il faudra un mois. Un mois aussi selon l'entraîneur de Séville... ou même cinq jours pour un préparateur du Betis Séville ! La Liga, quant à elle, devrait reprendre le 12 juin comme l'espère Javier Tebas. La Bundesliga allemande sera la première à mettre sa "présaison" à l'essai. 

La réactivation du corps pourrait faire du mal à certains joueurs, qui pour certains, se sont blessés dès les premières sessions, comme Samuel Umtiti. Dès son retour, le défenseur central français a été pris d'une douleur importante au mollet. Pour les plus âgés, le corps pourrait aussi ressentir une douleur plus intense avec la reprise de l'activité sportive. 

Le corps d'un joueur est une machine qui a besoin d'un important travail de mise au point pour se remettre à fonctionner à plein régime. Le Barça sait ce que signifie une présaison difficile, lui qui avait perdu Piqué et surtout Leo Messi dès les premiers jours de la reprise en début de saison, provoquant des résultats instables lors des premiers matches. 

Quel est impact du football sur le corps humain ?

Blessures fréquentes

Quelles zones faut-il soigner le plus ? Quelles sont les parties du corps les plus affectées ? Pour ce rapport, la base de données ProFootball DB a recueilli de nombreuses informations sur les blessures. L'étude a été réalisée sur un échantillon de joueurs qui ont joué dans les cinq grands championnats européens sur les cinq dernières années. Un nombre de 685 joueurs pour... 4731 blessures au total. 

Cependant, cette étude se base sur des joueurs qui ont un niveau très élevé. ProFootball s'est basé sur son propre indice, appelé ELO, qui note un joueur sur 100 points, en fonction de nombreux critères. Cette base de données ne prétend pas avoir l'algorythme parfait, à l'évidence, mais prend en compte de nombreux caractéristiques, attributs et facteurs pour évaluer le niveau d'un joueur. Plus l'ELO d'un joueur est élevé, plus le joueur est bon. Ainsi, tous les joueurs de cette étude ont un ELO minimum de 75, soit un excellent niveau.

Certains calculs confirment les risques auxquels se soumettent les joueurs. Ces 685 joueurs accumulent en tout sur cette période 113 332 jours de convalescence, soit plus de 310 ans ! Chaque professionnel a ainsi en moyenne sept blessures en cinq ans d'une durée d'environ 24 jours chacune. Un joueur passe environ 165.44 jours à l'infirmerie, l'équivalent de cinq mois et demi, approximativement.

Après avoir établi les caractéristiques de l'échantillon, il est possible de localiser les blessures les plus fréquentes. Les cuisses souffrent le plus, avec 30.4%. Le genou représente 12.7% d'entre elles, la cheville 11.52%, l'aine 7.8%, le pied 5.6%, et le mollet 5.31%. Ces pourcentages représentent le nombre de blessures, et non pas le nombre de jours passés en dehors des terrains. Les problèmes de santé représentent 4.97% des cas, alors que les coups et contusions représentent 4.61%, les blessures à la tête 3.09% et les hanches 2.96%.

Les 30.4% qui correspondent aux blessures à la cuisse occupent 26.66% du temps d'absence d'un joueur pour se remettre. Les blessures au genou, qui ne représentent "que" 12.7% des blessures prennent  21.39% du temps de convalescence. Ce qui confirme ainsi que les blessures aux articulations sont les plus délicates que les lésions musculaires et demandent plus de temps pour récupérer.

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Typologie de la blessure

Chaque zone du corps humain détient son propre comportement, ses propres diagnostiques, et traitement. Il n'existe pas une seule lésion au genou, ni une unique douleur à la cuisse.

Les ischio-jambiers sont un casse-tête. Les lésions dans ce groupe musculaire ont lieu dans 556 cas de l'échantillon, et représentent 11.75% des blessures de l'étude. Quant aux jours de convalescence, elles en représentent 12.33%. Un joueur en particulier peut nous servir d'exemple : Leo Messi. L'Argentin a vécu de nombreux problèmes d'ischios au long de sa carrière. La fonction d'extension et de flexion du genou qu'ont les ischios est vital pour un sport aussi dynamique que le football, et le sprint met le muscle à l'épreuve. Les quadriceps sont en seconde position, avec 551 blessures, soit 11.65% des blessures enregistrées, soit 11 704 jours accumulés de convalescence. 

Le football met le genou à l'épreuve. Les blessures comme les contusions, torsions, entorses, luxations ou traumatismes sont les plus communes. Elles atteignent 472 des blessures identifiées, soit 9.98% d'entre elles et une convalescence accumulée de 13 717 jours, soit 12.10%

Et en ce qui concerne la redoutable rupture des ligaments croisés, qui fait si peur aux joueurs ? Parmi les 4731 blessures de l'échantillon, elles ne représentent "que" 36 d'entre elles, mais provoquent en moyenne 222 jours en dehors des terrains de football. Cette blessure provoque 6% des jours de convalescence accumulés. Des chiffres qui démontrent la complexité de la blessure ainsi que sa gravité. Nombreux sont les joueurs qui n'ont plus jamais réussi à retrouver leur plus grand niveau après ce genre de blessure.

Un ancien rapport de ProFootball démontrait que 25% des périodes d'absence d'un joueur étaient causées par les blessures au genou. Ce pourcentage est descendu à 21.32%. Pourquoi ? Parce que l'ancien rapport comprenait tous les joueurs, et cette étude ne comprend que des joueurs qui possèdent un niveau ELO (système de notation d'un joueur sur ses capacités de ProFootball) de plus de 75. Les joueurs les plus importants d'un championnat. Cela signifie ainsi que les joueurs au très haut niveau professionnels sont plus suivis que les autres et que la gravité des blessures qu'ils risquent d'avoir est inférieure. L'éthique de travail, l'alimentation et parfois la génétique privilégiée influent elle aussi. Car sinon, des joueurs comme Messi et Cristiano Ronaldo n'auraient peut-être pas pu enchaîner 60 et 70 matches par saison pendant tant d'années.

Bien que les blessures du ligament croisé soient les pires qui puissent arriver à un joueur, la fracture du tibia implique quant à elle 234 jours de convalescence en moyenne. La rupture du tendon d'Achille requiert 178 jours en moyenne; les pathologies cardiaques, 130; les fractures de la cheville, 123 jours; et la pubalgie, 92 jours.

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Préparateurs physiques et psychologues, aussi importants que le joueur 

Le travail d'un préparateur physique est fondamental. L'arrêt actuel est un contre-temps. La planification sportive, footballistique et nutritionnelle sont vitales pour un retour correct des joueurs à la compétition.

"Le point positif chez les sportifs, c'est qu'ils sont suivis par les entraîneurs, médecins et préparateurs et qu'ils ont pu s'entraîner d'une manière ou d'une autre chez eux. Mais en ce scénario de confinement, la partie psychologique influe elle aussi, s'ils ont mal dormi ou s'ils étaient stressés, cela peut avoir un impact sur le système immunitaire. Ils auront plus de risques de plus lors du retour à la compétition", a déclaré David López Capapé, directeur de Biclinic et chirurgien espagnol, pour 'Marca'.

"L'esprit du sportif doit être complètement concentré sur ce qu'il fait pour ne pas se blesser. Il y a beaucoup d'études qui démontrent l'impact de l'anxiété et du stress sur les blessures sportives, et l'incertitude que provoque cette pandémie affecte tout le monde. Les joueurs souffrent aussi", a déclaré Guido Castaldini, traumatologue.

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Le football après le Covid-19 : une opportunité 

Les joueurs qui ont subi des blessures importantes avant cette période comme Eden Hazard, Luis Suárez ou Marco Asensio auront peut-être une opportunité de jouer quelques minutes avant la fin de la saison après cette pause. Marco Asensio espérait déjà le faire, mais la fin de saison était déjà presque assurée pour Suárez et Hazard. 

Eden Hazard avait souffert d'une fracture au péroné de la jambe droite et Luis Suárez s'était quant à lui fait opérer pour un problème de ménisque du genou droit. Le FC Barcelone et le Real Madrid ont donc un peu d'espoir de retrouver leurs stars en cette reprise après deux mois de suspension du football.

Le doute de la Ligue des champions 

Que la Ligue des champions ne puisse avoir lieu qu'en août va permettre aux équipes d'arriver plus affûtées. Cependant, tout le monde ne sera pas au même niveau de compétition cette fois-ci. Les équipes comme le Paris Saint-Germain et l'Olympique Lyonnais s'inquiètent, et ont peur de ne pas être à la hauteur alors qu'elles n'auront pas joué depuis le mois de mars. Les joueurs seront plus reposés, mais à un rythme bien inférieur à ceux qui ont repris la compétition en mai ou en juin. Le PSG est déjà qualifié pour les quarts de finale, mais Lyon a encore un match retour de huitièmes de finale contre la Juventus à jouer. Il faudra attendre le 27 mai et la réunion de l'UEFA pour connaître le sort de la prestigieuse compétition européenne.

Lisa Houdeville

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